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18/10/2008Etienne Saillard, ébéniste-marqueteurEtienne Saillard, ébéniste-marqueteur à Dommartin (Doubs).

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18/10/2008Etienne Saillard, ébéniste-marqueteurEtienne Saillard, ébéniste-marqueteurEtienne Saillard, ébéniste-marqueteur à Dommartin (Doubs).

Pour quelle(s) raison(s) avez-vous choisi d’exercer ce métier ?

J’ai débuté en ébénisterie d’agencement. Mais ce n’est pas ce que je voulais faire. Ce métier est une interprétation de ce que les autres veulent ou créent mais cela ne permet pas de dire ce que l’on a en soi.

 

Comment définiriez-vous votre métier ?

Ma formation est celle d’ébéniste-marqueteur mais je suis plus un tablettier-marqueteur puisque je crée et travaille des coffrets, des boîtes à bijoux ou à musique, etc.

 

Quelle formation avez-vous suivi ?

J’ai débuté par un CAP en menuiserie d’agencement puis j’ai obtenu un brevet des Métiers d’Art. J’ai suivi ensuite une formation au Centre régionale de restauration d’oeuvres d’art à Vesoul puis des cours du soir à l’Ecole Boulle. Ensuite, je suis parti pour un tour de France en tant que compagnon.

C’était un tour de France professionnel autour de la problématique du coffret. J’ai intégré des ateliers qui réalisaient des boîtes à bijoux, à cigares, des boîtes à musique, à secrets ou des coffrets en marqueterie. Mais je suis aussi allé en Suisse.

 

Pourquoi ?

C’est simple, il ne reste que quatre artisans en France qui travaillent ce type d’objet. Et habitant la Franche-Comté, passer la frontière m’a paru évident.

 

Quel est votre métier aujourd’hui ?

Après douze années de travail dans différents ateliers (atelier de restauration, atelier de fabrication de coffrets et ateliers de création de mobilier où j’ai pu approfondir mon métier),je me suis installé en 1997 comme ébéniste – marqueteur.

Comme je vous l’ai dit, je crée des boîtes et des coffrets en marqueterie à base de bois et de paille. Mais je ne me limite pas à ce type d’objet. Je fais des tableaux, des petits meubles, des accessoires de bureau et du mobilier marqueté. Pour cela, j’utilise des bois issus d’une soixantaine d’essences qui permettent de réaliser des marqueteries variées et complexes. Je l’associe à l’écaille de tortue, l’os ou la paille ainsi qu’à des matériaux ferreux : laiton ou étain.

A côté de ce travail de marqueterie, je restaure du mobilier pour les particuliers et je travaille aussi avec deux musées, un en Suisse et l’autre en Savoie, sur des restaurations de boîtes à musique. Bien sûr, je n’interviens pas sur la partie mécanique, je ne restaure que les parties en bois.

 

Comment présenteriez-vous son évolution ?

Bien entendu mon métier évolue. Heureusement, il n’est pas figé. De nouveaux matériaux et de nouvelles techniques sont apparus. Mais je pense que ce qui évolue – et c’est vrai pour l’ensemble des métiers d’art – ce sont les modes de consommation. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une ère de consommation rapide : on veut tout tout de suite. Il faut que ce soit immédiat. Hors, nos métiers d’art demandent de prendre le temps. Premièrement, il faut définir les goûts, les besoins du client. Deuxièmement, il faut réaliser l’objet. Cela demande de la patience. Le consommateur d’aujourd’hui n’en a plus guère.

Et j’ai remarqué qu’il y a aussi une perte de connaissance, de culture. En général, on trouve beaux les travaux d’art mais on ne va pas plus loin dans la démarche. Il n’y a plus de références. On se contente du minimum.

 

En 2007, votre entreprise « Le bois plaisir » a obtenu le label « Entreprise du Patrimoine Vivant », que vous a-il apporté ? Est-ce une reconnaissance ?

Effectivement, c’est une reconnaissance : de mon travail, de notre savoir-faire. Il m’a déjà permis des contacts avec le Japon. Mais c’est un label encore trop jeune pour savoir quel impact il a réellement sur nos entreprises labellisées.

 

Comment l’abordez-vous ?

J’espère que ce label ne sera pas seulement un label de plus. Il faut un véritable accompagnement et pas seulement financier. Ce label est encore confidentiel. Mais pour qu’il soit efficace pour nous, professionnels des métiers d’art, il lui faut deux choses : l’exigence dans la labellisation et la promotion en expliquant ce qu’est le label, ce qu’il apporte à nos métiers.

Je pense surtout que ce label peut nous aider à nous fédérer et à agir de concert mais pour ça il lui faut un vrai cahier des charges, comme dans l’alimentation. Cette charte doit définir avec toutes les précisions possibles ce que le professionnel doit faire pour obtenir ce label, quels sont ses engagements.

De part ma culture familiale, j’ai vu ce que doit être un label et ce qu’il doit apporter au professionnel. Je reprends l’exemple de l’alimentation car c’est ce que je connais. Mes parents étaient agriculteurs de montagne. Pour obtenir l’appelation d’origine contrôlée (AOC) « Comté », les producteurs de lait et de fromages ont travaillé dans le même sens et avec une certaine exigence afin d’obtenir la reconnaissance de leur produit et de leur savoir-faire. Et c’est parce qu’une charte détaillée définissait cette AOC qu’ils ont eu un cadre précis de travail et ainsi qu’ils ont pu obtenir cette « étiquette ».

Il faut conserver les fondamentaux, savoir précisément ce qu’il faut faire ou ne pas faire et se fédérer pour être plus fort.

 

Vous êtes président de l’association Métiers d’Art en Franche-Comté, quel est votre rôle ?

Mon rôle est d’animer une structure qui est le référent des métiers d’art en Franche-Comté. Nous avons comme objectifs de promouvoir l’excellence de nos métiers, de contribuer à la formation professionnelle des adhérents ou encore de sensibiliser le public aux métiers d’art. Et ce groupement est composé essentiellement de professionnels des métiers d’art et d’une animatrice qui nous aide dans la promotion et la diffusion de l’information auprès du public. Nous sommes 80 adhérents aujourd’hui.

Il y a un engagement important de tous les membres notamment sur le devenir de nos métiers et sur les actions à mettre en place. Ainsi en 2009, nous publierons une photographie précise de ce que nous sommes en Franche-Comté. De plus, nous allons mettre en place un diagnostic individuel pour chaque professionnel au niveau commercial notamment. Et à la suite de cet échange, une formation sera mise en place.

 

Pourquoi participez-vous aux Journées des Métiers d’Art ?

Les Journées des Métiers d’Art permettent de nous faire connaître en montrant un patrimoine qui est près de chez vous. Les JMA incitent le public à pousser les portes des ateliers et à venir découvrir nos savoir-faire. Elles démontrent aussi que nous sommes partie prenantes dans l’amégement du territoire, notamment lorsque nous nous installons à la campagne.

Il faut dire que c’est l’occasion de vendre notre travail et nos savoir-faire. Je dirais que ces journées représentent deux mois de mon chiffre d’affaire : un mois de ventes et un mois de commandes en travaux de restauration.

Et enfin, sous cette forme de journées nationales, les JMA permettent d’inviter les pouvoirs publics et de les interpeller sur la réalité de nos métiers.

 

Et que proposez-vous  au public ?

J’ai invité trois professionnels à venir présenter leur travail dans mon atelier :

- Elisabeth COLLARDEY, Atelier de la Belle Louise, céramiste à Montrond le Château (Doubs)

- Muriel SOMMER VORPE, graveur à La-Chaux-de-Fonds (Suisse)

- Pascal ROUCHOUSE, vannier à Cademène (Doubs)

Les 18 et 19 octobre de 9h à 19h.

 

        

Le Bois Plaisir

5B rue du puits – 25300 Dommartin

03 81 46 67 46 – www.amalgalerie.com

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